Les Grands Mystères

                L’omnipotence ne signifie pas le pouvoir d’accomplir des absurdités. La coercition de la volonté d’une autre personne est une de ces absurdités, et, par conséquent, aucune omnipotence réelle ne pourrait forcer une telle coercition. L’omnipotence est spirituelle et l’esprit n’agit pas par contrainte brutale, mais par la connaissance et l’inspiration. ~ R. G. Collingwood

                Au cours des 150 dernières années environ, nous avons eu droit à des révélations extraordinaires qui pourraient soutenir les fondations d’un renouveau spirituel. En dehors de quelques petits groupes d’intérêts, le monde poursuit sa trajectoire descendante. Si vous êtes satisfait de vos lectures spirituelles actuelles, peut-être que ces révélations on peu d’intérêt. Si vous êtes ancrés dans le matérialisme et le scientisme, ces idées risquent de ne pas pouvoir pénétrer votre esprit. Mais pour quelques-uns d’entre nous, ces idées forment la fondation d’une vision traditionnelle du monde.

Continuer de lire « Les Grands Mystères »

La Tradition et la réalisation par Guido de Giorgio

                Tout développement est intégration, restauration du fragment dans le corps unique de la « Réalité ». Résurrection – comme retour. Retour, en tant que dépassement de la limitation spatiale et temporelle qui est condition de l’existence humaine, par la réduction de cette limitation dans le symbole de l’horizontale et de la verticale, dont le point d’intersection et de confluence, le point concrétionnel, est l’homme. Si l’on prolonge les deux directions, le point de rencontre de l’horizontale et de la verticale comme fin, chute, limitation, devient point vivant, centre irradiant – l’homme, l’Homme Universel. Tel est le symbolisme de la Croix – la Croix des éléments : Feu en haut, Terre en bas, Air à droite, Eau à gauche. Au centre le Nom ineffable. Celui qui embrasse tout s’embrasse lui-même : en se dissolvant il s’intègre, en s’intégrant il se conquiert, en se conquérant il se réalise, en se réalisant il est.

Continuer de lire « La Tradition et la réalisation par Guido de Giorgio »

Courte réflexion sur l’humilité

C’est seulement si nous sommes éveillés à notre état d’être déchu que l’idée de rédemption peut avoir un sens. ~ Cologero – Gornahoor.net

Cette phrase tirée d’un texte de Cologero résume bien ce que nous pourrions appeler une « étape » à franchir pour une personne voulant acquérir une meilleure conscience d’elle-même. Si nous admettons que nous sommes des êtres déchus, nous admettons par le fait même avoir des faiblesses et c’est seulement lorsque nous connaissons nos faiblesses que nous pouvons mieux nous connaître. L’instrument pour reconnaître ces faiblesses est l’humilité et c’est pour cette raison que les pères de l’Église nous en parlent aussi souvent.

Continuer de lire « Courte réflexion sur l’humilité »

Sensible et Non-sensible

Nous sommes des hommes du moyen âge, non seulement parce que c’est notre destin, la fatalité de l’histoire, mais aussi parce que nous le voulons. Vous, vous êtes encore des hommes modernes, parce que vous refusez de choisir. ~ Nicolas Berdyaev

La puissance d’un nouveau moyen âge est requise. ~ Julius Evola, Impérialisme Païen

Samsara est Nirvana ~ Nagarjuna

Le sensible est le symbole du divin ~ Saint Bonaventure

Les attaques contre la puissance d’un nouveau moyen âge sont constantes, et parviennent parfois de sources inattendues. Récemment un argument bizarre circulait sur Internet. Il revendique que le point de départ de la métaphysique de Thomas d’Aquin, en sous entendant que cette connaissance s’acquiert par les sens, «mène» au monde moderne. Lorsque questionné sur la signification de ce «mène», l’auteur n’a pas de réponse. Soit il y a une nécessité logique ou empirique qui contraint à une conclusion à partir des prémisses, ou il n’y en a pas.

Continuer de lire « Sensible et Non-sensible »

Une cosmologie ancienne

Nous sommes des hommes du moyen âge, non seulement parce que c’est notre destin, la fatalité de l’histoire, mais aussi parce que nous le voulons. Vous, vous êtes encore des hommes modernes, parce que vous refusez de choisir. ~ Nicolas Berdyaev

Pour comprendre le Moyen Âge, The Discarded Image de C. S. Lewis, est indispensable. Il a une perspicacité remarquable, même si sa perspective et ses motifs diffèrent des nôtres. Dans cette discussion, je vais utiliser les concepts traditionnels comme un complément à ce que Lewis a écrit. Tout d’abord, il souligne que les Médiévaux étaient tout à fait conscients du Logos, ou « Ordre Cosmique ». Continuer de lire « Une cosmologie ancienne »

La « Konservative Revolution »

Dans cette collection d’essais utile, From the German Conservative Revolution to the New Right[1], Lucian Tudor nous introduit à plusieurs penseurs politiques allemands, groupés par les caprices de l’auteur sous la rubrique « révolution conservatrice ». Dans la deuxième partie de l’ouvrage, M. Tudor essaie de relier ces auteurs à un mouvement plus contemporain appelé « New Right » [la Nouvelle Droite]. Pour notre revue, nous nous concentrerons sur les auteurs allemands, peut-être pour traiter la deuxième partie à une date ultérieure. Les lecteurs sont invités à passer outre l’introduction de l’œuvre étudié, et nous ferons de même ici.

Continuer de lire « La « Konservative Revolution » »

Donoso Cortes, Carl Schmitt, Julius Evola

De nos jours, la « discussion » est devenue une marchandise, le produit vendable des nouvelles par câble et des revues d’opinion; il n’y a plus même le prétexte d’une « recherche de la vérité ».

Je ne crois pas que la monographie de Carl Schmitt sur Donoso Cortés, mentionnée par Julius Evola, ait été traduite. Cependant, le dernier chapitre de la Théologie politique de Schmitt est intitulé Sur la philosophie contrerévolutionnaire de l’État (de Maistre, Bonald, Donoso Cortes), de sorte qu’il peut servir de résumé à la compréhension par Schmitt de Donoso.

Mais d’abord, il faut signaler une anomalie intéressante. Le Schmitt catholique, ainsi que les trois contre-révolutionnaires catholiques, n’ont eut absolument aucun impact sur l’église contemporaine. Leurs idées sur la Tradition, l’autorité et l’opposition au monde libéral moderne ont été rejetées par l’église modernisante Vatican II. Alors, pourquoi l’Evola anti-chrétien était-il si enchantée par la figure de Donoso Cortés? Comme l’indique Evola dans sa revue de la monographie de Schmitt sur Thomas Hobbes, ce qui compte, c’est la « manifestation d’un principe et d’un ordre supérieur » et la mise en place d’un « type d’organisation véritablement spirituelle et hiérarchique traditionnelle ». Puisqu’il n’y a plus de soutien institutionnel à de telles idées, il incombe aux rares de les comprendre et de les développer.  Continuer de lire « Donoso Cortes, Carl Schmitt, Julius Evola »