Éliade et Schmitt se rencontrent

La fin des années 30 et le début des années 40 est une époque intéressante et mouvementée quant aux perspectives intellectuels. Carl Schmitt connaissait (entre autres) Ernst Junger, Mircea Eliade et René Guénon, ces deux derniers connaissaient Julius Evola, Corneliu Codreanu et Guido di Giorgio. Une foule de correspondance existe entre ces différentes personnalités sur des sujets nombreux, tels la métaphysique, la philosophie, l’ethnologie, le politique, ainsi de suite.

 

Voici un extrait issu du Journal portugais d’Éliade sur une rencontre avec Carl Schmitt.

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La « Konservative Revolution »

Dans cette collection d’essais utile, From the German Conservative Revolution to the New Right[1], Lucian Tudor nous introduit à plusieurs penseurs politiques allemands, groupés par les caprices de l’auteur sous la rubrique « révolution conservatrice ». Dans la deuxième partie de l’ouvrage, M. Tudor essaie de relier ces auteurs à un mouvement plus contemporain appelé « New Right » [la Nouvelle Droite]. Pour notre revue, nous nous concentrerons sur les auteurs allemands, peut-être pour traiter la deuxième partie à une date ultérieure. Les lecteurs sont invités à passer outre l’introduction de l’œuvre étudié, et nous ferons de même ici.

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Donoso Cortes, Carl Schmitt, Julius Evola

De nos jours, la « discussion » est devenue une marchandise, le produit vendable des nouvelles par câble et des revues d’opinion; il n’y a plus même le prétexte d’une « recherche de la vérité ».

Je ne crois pas que la monographie de Carl Schmitt sur Donoso Cortés, mentionnée par Julius Evola, ait été traduite. Cependant, le dernier chapitre de la Théologie politique de Schmitt est intitulé Sur la philosophie contrerévolutionnaire de l’État (de Maistre, Bonald, Donoso Cortes), de sorte qu’il peut servir de résumé à la compréhension par Schmitt de Donoso.

Mais d’abord, il faut signaler une anomalie intéressante. Le Schmitt catholique, ainsi que les trois contre-révolutionnaires catholiques, n’ont eut absolument aucun impact sur l’église contemporaine. Leurs idées sur la Tradition, l’autorité et l’opposition au monde libéral moderne ont été rejetées par l’église modernisante Vatican II. Alors, pourquoi l’Evola anti-chrétien était-il si enchantée par la figure de Donoso Cortés? Comme l’indique Evola dans sa revue de la monographie de Schmitt sur Thomas Hobbes, ce qui compte, c’est la « manifestation d’un principe et d’un ordre supérieur » et la mise en place d’un « type d’organisation véritablement spirituelle et hiérarchique traditionnelle ». Puisqu’il n’y a plus de soutien institutionnel à de telles idées, il incombe aux rares de les comprendre et de les développer.  Continuer de lire « Donoso Cortes, Carl Schmitt, Julius Evola »

Être de la Droite

La Droite et la Gauche sont des désignations qui se réfèrent à un système politique déjà en crise. Dans les systèmes de gouvernement traditionnels, ils étaient inexistants, du moins s’ils étaient pris dans leur sens actuel. En eux, il pouvait y avoir un parti d’opposition, mais pas un parti révolutionnaire, ni un système qui mette le système lui-même en question ; nous y trouvions plutôt un système loyaliste et, d’une certaine manière, réalisable. Ainsi, en Angleterre, on pouvait parler de « la plus fidèle » ou d’une « très loyale opposition de Sa Majesté ». Les choses ont changé après avoir fait face aux mouvements subversifs des temps plus récents, et on sait qu’à leur origine, la droite et la gauche ont été définies sur la base des lieux occupés respectivement par les partis opposés au parlement.

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