La beauté de la vérité et l’existence de Dieu

Quel est le critère de la droiture d’une vie ? La beauté. – Père Pavel Florensky

C’est notre habitude de penser la Vérité comme, plus ou moins, une description correcte ou une déclaration correcte. En tant que telle, la beauté appartient à un autre domaine de la pensée. La beauté ne peut être « correcte » ou « incorrecte ».

Dans la pensée orthodoxe, la Vérité est comprise comme une question d’être (elle est ontologique). Si quelque chose est vrai, alors il a l’être vrai, l’existence vraie. Ainsi, les choses imaginaires peuvent être décrites de plusieurs façons, mais jamais comme « vraies ». L’existence vraie ou réelle n’est qu’une partie de l’explication. Car c’est Dieu seul qui possède l’être véritable (« le seul Dieu véritablement existant » selon les paroles de saint Basile le Grand). La vraie existence des choses créées est relative à l’être de Dieu. C’est Dieu qui crée et établit toutes choses et soutient toutes choses dans leur existence (aucune chose créée n’a d’existence en soi). L’être véritable (ou la Vérité) est une existence qui est selon la volonté de Dieu – selon une relation juste avec le Seul Vraiment Existant.

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La moralité de Noël

La moralité est une affaire très délicate dans une société extrêmement « moralisatrice ». Je prie mes lecteurs d’avoir de la patience avec moi alors que je tente d’expliquer ce que je pense être le problème. Tout d’abord, je noterai que la morale est tout ce qui reste quand les motifs les plus fondamentaux d’une culture ont été détruits. Nous vivons en effet dans un tel temps, d’où la montée d’une véhémence dans la vie morale. Deuxièmement, je vais suggérer qu’en tant que Chrétien, ce que nous cherchons à accomplir, c’est d’être de moins en moins moraux afin de plutôt ancrer nos vies dans ce qui est – tout cela exige une explication.

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Un savoir terrible

La mythologie grecque a fait de la curiosité de Pandore la cause première de la souffrance dans le monde. Elle ne peut résister à l’attrait de découvrir ce qui se trouve dans une boîte qu’on lui dit de laisser fermée. En ouvrant la boîte, elle libère la douleur et la souffrance dans le monde. Nous, les humains, sommes une espèce curieuse. Nous voulons tout savoir sur nos activités et beaucoup sur ce qui n’est pas notre affaire. Dans un monde qui a profondément intériorisé la notion que tout est une démocratie, nous ne pouvons supporter d’entendre que ce n’est pas tout le savoir et la connaissance qui nous sont destinés.

Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu’au troisième ciel; si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait. (2 Co 12: 3-4)

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Le Dieu matériel

Dans mon article précédent[1], j’ai utilisé l’exemple du savoir kinesthésique (comme dans la bicyclette) comme moyen de décrire l’expérience noétique, le moyen de connaître Dieu par la communion avec Lui. Il est intéressant de noter que l’exemple est assez matériel et banal. Ce n’est pas une méditation ésotérique, exotique ou technique. C’est si simple que nous le savons sans savoir que nous le savons. Comme je tape cet article, mes doigts « savent » comment épeler des mots. Je l’ai découvert récemment alors que j’étais assis avec un crayon pour écrire quelque chose (une méthode rare pour moi maintenant), et que j’avais du mal à épeler certains mots. En même temps, je me suis rendu compte que je pouvais dactylographier exactement les mêmes mots sans difficulté. Mes doigts connaissent et se souviennent des choses avec lesquelles mon esprit conscient lutte.

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Un savoir salvifique

J’ai souvent utilisé l’exemple de la bicyclette comme une image pour connaître Dieu. Il n’y a aucune difficulté à apprendre à rouler si cela ne vous dérange pas de tomber pendant un moment. Mais peu importe combien d’années vous avez monté, vous ne pouvez pas décrire en mots, pour quelqu’un d’autre, comment vous savez ce que vous savez par rapport à cette activité. Mais vous le savez. Je soupçonne également que si vous pensiez trop à la bicyclette pendant que vous la montée, vous pourriez gâcher votre concentration et tomber.

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