De la hiérarchie initiatique par René Guénon

Article paru dans « Études Traditionnelles » de Mars 1936

L’allusion que nous faisions à la hiérarchie initiatique, en parlant de la notion de « l’élite » comme susceptible, outre son sens général, d’être envisagée à plusieurs degrés différents, a besoin d’être encore précisée à certains égards, car il se produit à ce sujet de fréquentes confusions, non seulement dans le monde purement profane, ce dont il n’y aurait pas lieu de s’étonner, mais même parmi ceux qui, à un titre ou à un autre, devraient normalement être plus instruits de ce dont il s’agit. Il semble d’ailleurs que toute idée de hiérarchie, même en dehors du domaine initiatique, soit particulièrement obscurcie à notre époque, et qu’elle soit une de celles contre lesquelles s’acharnent plus spécialement les négations de l’esprit moderne, ce qui, à vrai dire, est bien conforme au caractère antitraditionnel de celui-ci, caractère dont l’ « égalitarisme » sous toutes ses formes représente en somme simplement un des aspects. Il n’en est pas moins étrange de voir cet « égalitarisme » admis et proclamé même par des membres d’organisations initiatiques qui, si amoindries ou déviées qu’elles puissent être à bien des points de vue, conservent pourtant forcément toujours une certaine constitution hiérarchique, faute de quoi elles ne pourraient subsister en aucune façon ; il y a là évidemment quelque chose de paradoxal, et même de contradictoire, qui ne peut s’expliquer que par l’extrême désordre qui règne partout actuellement. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’y insister davantage ici, car il est bien clair que ce n’est pas à ceux qui nient de parti pris toute hiérarchie que nous pouvons songer à nous adresser; ce que nous voulions dire, c’est que, dans ces conditions, il n’est pas étonnant que cette idée soit parfois plus ou moins mal comprise par ceux mêmes qui l’admettent encore, et qu’il leur arrive de se méprendre sur les différentes applications qu’il convient d’en faire.

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Sensible et Non-sensible

Nous sommes des hommes du moyen âge, non seulement parce que c’est notre destin, la fatalité de l’histoire, mais aussi parce que nous le voulons. Vous, vous êtes encore des hommes modernes, parce que vous refusez de choisir. ~ Nicolas Berdyaev

La puissance d’un nouveau moyen âge est requise. ~ Julius Evola, Impérialisme Païen

Samsara est Nirvana ~ Nagarjuna

Le sensible est le symbole du divin ~ Saint Bonaventure

Les attaques contre la puissance d’un nouveau moyen âge sont constantes, et parviennent parfois de sources inattendues. Récemment un argument bizarre circulait sur Internet. Il revendique que le point de départ de la métaphysique de Thomas d’Aquin, en sous entendant que cette connaissance s’acquiert par les sens, «mène» au monde moderne. Lorsque questionné sur la signification de ce «mène», l’auteur n’a pas de réponse. Soit il y a une nécessité logique ou empirique qui contraint à une conclusion à partir des prémisses, ou il n’y en a pas.

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