Nouveaux aperçus sur le langage secret de Dante, par René Guénon

                En parlant précédemment des deux tomes du dernier livre de M. Luigi Valli, nous mentionnions l’ouvrage que, suivant les mêmes idées directrices, M. Gaetano Scarlata a consacré au traité De vulgari eloquentia de Dante, ou plutôt, comme il préfère le désigner (car le titre n’a jamais été fixé exactement), De vulgaris eloquentiae doctrina, suivant l’expression employée par l’auteur lui-même pour en définir le sujet dès le début, et afin de mettre en évidence son intention quant au contenu doctrinal de la poésie en langue vulgaire[1]. En effet, ceux que Dante appelle poeti volgari, ce sont ceux dont les écrits avaient, comme il dit, verace intendimento, c’est-à-dire contenaient un sens caché conformément au symbolisme des « Fidèles d’Amour », puisqu’il les oppose aux litterali (et non litterati comme on l’a lu parfois inexactement), ou à ceux qui écrivaient seulement dans le sens littéral. Les premiers sont pour lui les vrais poètes, et il les appelle aussi trilingues doctores, ce qui peut s’entendre extérieurement du fait qu’une telle poésie existait dans les trois langues italienne, provençale (non pas « française » comme le dit à tort M. Scarlata) et espagnole, mais signifie en réalité (aucun poète n’ayant jamais écrit en fait dans ces trois langues) qu’elle devait s’interpréter suivant un triple sens[2] ; et Dante, au sujet de ces trilingues doctores dit que maxime conveniunt in hoc vocabulo quod est Amor, ce qui est une allusion assez évidente à la doctrine des « Fidèles d’Amour ».

Continuer de lire « Nouveaux aperçus sur le langage secret de Dante, par René Guénon »

Le langage secret de Dante et des « Fidèles d’Amour », 2e partie, par René Guénon

  1er partie

               Nous avons consacré le précédent chapitre à l’important ouvrage publié en 1928, sous ce titre, par M. Luigi Valli ; en 1931 nous apprîmes la mort soudaine et prématurée de l’auteur dont nous espérions d’autres études non moins dignes d’intérêt ; puis nous parvint un second volume portant le même titre que le premier, et contenant, avec les réponses aux objections qui avaient été faites à la thèse soutenue dans celui-ci, un certain nombre de notes complémentaires[1].

Continuer de lire « Le langage secret de Dante et des « Fidèles d’Amour », 2e partie, par René Guénon »

Le langage secret de Dante et des « Fidèles d’Amour », 1er partie par René Guénon

                Sous ce titre : « Il Linguaggio segreto di Dante e dei « Fedeli d’Amore »[1], M. Luigi Valli, à qui on devait déjà plusieurs études sur la signification de l’œuvre de Dante, a publié un nouvel ouvrage qui est trop important pour que nous nous contentions de le signaler par une simple note bibliographique. La thèse qui y est soutenue peut se résumer brièvement … Continuer de lire Le langage secret de Dante et des « Fidèles d’Amour », 1er partie par René Guénon

Dante et la Sainte Apogée de la Tradition Romaine, 2e Partie

Suite de la traduction de Guido Di Giorgio

Si Virgile représente l’ancienne tradition et Béatrice la nouvelle tradition et si, au seuil du Paradis Terrestre, Virgil disparaît devant Béatrice, Béatrice disparaît aussi lorsque le mystère divin est saisi par Dante dans sa réalisation immédiate et ce qui reste alors, au-dessus et au-delà des deux traditions unifiées à jamais est, dans ce moment décisif, Rome.

Continuer de lire « Dante et la Sainte Apogée de la Tradition Romaine, 2e Partie »

Dante et la Sainte Apogée de la Tradition Romaine, 1re Partie

La Tradizione Romana par Guido De Giorigo

Le gisement d’or traditionnel qu’est Rome dans l’unité vivante des deux formes se complétant une et l’autre dans une parfaite harmonie et un équilibre, se trouve entièrement en Dante qui fut le premier à révéler le mystère de la Romanité. Le sacré, produit d’une synthèse créatrice des éléments contenus dans l’ancienne et la nouvelle tradition, démontre qu’il peut être appelé le prophète du Catholicisme Fasciste [Cattolicità Fascista] dans la signification absolue de l’expression.

Continuer de lire « Dante et la Sainte Apogée de la Tradition Romaine, 1re Partie »

Civilisation qualitative

Le vrai progrès respectera toujours la ligne de développement formel de l’homme. Elle donnera lieu à une civilisation qualitative telle que fut la civilisation de la Grèce au IVe siècle av. J.-C. et, à un degré plus élevé, la civilisation de l’Europe occidentale au XIIIe siècle. Si l’attention des gens est détournée des choses spirituelles et tournée vers les conquêtes matérielles, vers la culture de l’utile, c’est-à-dire de tout ce qui sert à favoriser les relations humaines et l’assouvissement des besoins corporels et aux conforts de l’homme, l’orientation de la vie change graduellement. Les moyens deviennent la fin. La civilisation est quantitative plutôt que qualitative.

~ Denis Fahey, The Mystical Body of Christ in the Modern World (p. 140)

Continuer de lire « Civilisation qualitative »