Avicenne – La logique 1er partie

Texte tiré de « Le livre de science » d’Avicenne.

EXPOSÉ DU BUT DE LA LOGIQUE ET DE SON UTILITÉ

Le savoir est de deux sortes.

L’une est le concept (qu’on nomme en arabe : taçavvor); par exemple, si quelqu’un dit : « homme, fée, ange » (et tout ce qui y ressemble), tu comprends et tu conçois ce qu’il entend par là.

L’autre est le jugement : par exemple, tu juges que la fée existe ou que « l’homme est soumis à l’ordre » (et tout ce qui y ressemble) – ce qu’on nomme en arabe : taçdîq.

Continuer de lire « Avicenne – La logique 1er partie »

Comment nous posons le problème de la connaissance par Julius Evola

Article de Julius Evola paru dans la revue « UR » en 1927.

Traduction de Gérard Boulanger.

Celui qui aborde nos sciences avec l’intention d’en tirer quelque profit doit, avant toute autre chose, considérer avec la plus grande attention ce point fondamental : le problème de la connaissance – et la signification de la connaissance elle-même – se présentent ici d’une manière tout à fait différente de celle que l’on rencontre dans les divers secteurs de la culture contemporaine.

Continuer de lire « Comment nous posons le problème de la connaissance par Julius Evola »

Un savoir terrible

La mythologie grecque a fait de la curiosité de Pandore la cause première de la souffrance dans le monde. Elle ne peut résister à l’attrait de découvrir ce qui se trouve dans une boîte qu’on lui dit de laisser fermée. En ouvrant la boîte, elle libère la douleur et la souffrance dans le monde. Nous, les humains, sommes une espèce curieuse. Nous voulons tout savoir sur nos activités et beaucoup sur ce qui n’est pas notre affaire. Dans un monde qui a profondément intériorisé la notion que tout est une démocratie, nous ne pouvons supporter d’entendre que ce n’est pas tout le savoir et la connaissance qui nous sont destinés.

Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu’au troisième ciel; si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait. (2 Co 12: 3-4)

Continuer de lire « Un savoir terrible »

Le Dieu matériel

Dans mon article précédent[1], j’ai utilisé l’exemple du savoir kinesthésique (comme dans la bicyclette) comme moyen de décrire l’expérience noétique, le moyen de connaître Dieu par la communion avec Lui. Il est intéressant de noter que l’exemple est assez matériel et banal. Ce n’est pas une méditation ésotérique, exotique ou technique. C’est si simple que nous le savons sans savoir que nous le savons. Comme je tape cet article, mes doigts « savent » comment épeler des mots. Je l’ai découvert récemment alors que j’étais assis avec un crayon pour écrire quelque chose (une méthode rare pour moi maintenant), et que j’avais du mal à épeler certains mots. En même temps, je me suis rendu compte que je pouvais dactylographier exactement les mêmes mots sans difficulté. Mes doigts connaissent et se souviennent des choses avec lesquelles mon esprit conscient lutte.

Continuer de lire « Le Dieu matériel »

Un savoir salvifique

J’ai souvent utilisé l’exemple de la bicyclette comme une image pour connaître Dieu. Il n’y a aucune difficulté à apprendre à rouler si cela ne vous dérange pas de tomber pendant un moment. Mais peu importe combien d’années vous avez monté, vous ne pouvez pas décrire en mots, pour quelqu’un d’autre, comment vous savez ce que vous savez par rapport à cette activité. Mais vous le savez. Je soupçonne également que si vous pensiez trop à la bicyclette pendant que vous la montée, vous pourriez gâcher votre concentration et tomber.

Continuer de lire « Un savoir salvifique »

Les contradictions de l’Écriture

Nous pouvons, cependant, seulement exprimer la Vérité que si nous y voyons l’extrême expression de toutes les contradictions qui en découlent, d’où il suit que la Vérité elle-même englobe la projection ultime de toutes ses invalidations, est antonymique et ne peut être autrement.
-Pavel Florensky

 

J’ai écrit dans un article précédent sur l’importance des contradictions dans la connaissance de Dieu. La foi orthodoxe se réjouit totalement du paradoxe et de la contradiction et assène facilement son langage d’adoration avec des expressions antonymiques choquantes. Ceci est intentionnel et inhérent à la nature du genre de connaissance (koinonia) qui seul est une « connaissance salvatrice ». Se rappeler cela est important quand nous arrivons à l’étude des Écritures. Sans doute, la pratique la plus dévastatrice à l’égard des Écritures est de les débarrasser de ses contradictions. Aujourd’hui, cela se fait régulièrement à partir d’un certain nombre de sources. Apparemment, les êtres humains n’aiment pas la contradiction et ont un instinct passionné pour les minimiser. Cette diminution de la raison est appelée par plusieurs noms – certains d’entre eux étant si audacieux pour prétendre que c’est la raison elle-même. Ce ne l’est pas. La vraie raison est à l’aise avec la contradiction.

Continuer de lire « Les contradictions de l’Écriture »